vendredi 30 septembre 2016

L'étrange cheminée du Champlain

J'ai déjà évoqué les regrets que j'éprouvais lorsqu'un navire, quel-qu’il soit, était transformé, remodelé, pour satisfaire aux exigences d'un nouvel armateur. C'est le plus souvent au détriment de l'esthétique, car un bateau n'est jamais aussi beau que dans ses lignes originelles. L'exemple de France devenu Norway est encore dans toutes les mémoires. Champlain qui était à son époque (1932) le paquebot qui a redoré le blason de la Compagnie Générale Transatlantique, avait une cheminée bien proportionnée, à l'opposé du Pasteur (1938).

En 1936, elle a été relevée d'environ d'un tiers comme on peut aisément le constater sur l'épave, la corrosion ayant fait réapparaître la greffe.

Observez la différence en vous référant par rapport au nid-de-pie sur le mât avant : 


source et crédits-photos : en attente localisation, droits-réservés, colorisés par Daryl LeBlanc



source et crédits-photos : Delboca






Le Champlain qui était un modèle d'innovation et préfigurait Normandie adopta lors de cette transformation, d'un système de type STROMBOS breveté par les FORGES & CHANTIERS de la MÉDITERRANÉE; cette cheminée révolutionnaire avait été étudiée pour stabiliser l'émission des fumées et de la suie et éviter leur rabattement sur les ponts. De plus, ces cheminées réduisaient de 20% la température des chaudières. C'est l'oeuvre de l'ingénieur Valensi qui, plus tard, dessina celles du paquebot France. Les escorteurs-rapides type Corse, ont tous adoptés une cheminée similaire à celle de Champlain.







Cette cheminée reste dans la mémoire de tous ceux qui prenaient le bac pour l'ile de Ré, dans les années 40 à 60 : marée basse ou marée haute, elle se dressait comme une tour-penchée, elle intriguait, mais peu savaient... (voir mon article précédent : ICI)


source et crédit-photo : en attente localisation, droits-réservés






jeudi 15 septembre 2016

Bienvenue, faisons connaissance.







Enfant, début des années 50 (du siècle dernier... ), j'habitais Honfleur et j'étais fasciné par le ballet incessant des "transats" qui entraient/quittaient Le Havre, De Grasse, Scythia, Ile de France, Liberté (que j'ai visité) Flandre, etc... En même temps, je découvrais le Sirius (Trésor de Rackam-le-Rouge, aventures de Tintin).

J'en ai gardé une grande passion qui fort heureusement, me poursuit toujours.

Je n'ai pas eu la possibilité de voir le Champlain, et pour cause : il a explosé sur une mine le 17 juin 1940 et, immobilisé,  achevé en 2 torpilles par un courageux capitaine d'Uboot quelques jours plus tard.

En 1970, mon beau-père me fit cadeau d'une carcasse de maquette-vitrine d'agence de voyages. Un bout de bois assez grossier, mais je déchiffrais à la proue, le tracé d'un nom... CHAMPLAIN ! 

Une nouvelle idylle maritime était née ! 

Au fil des articles, nous re-découvrirons l'histoire extraordinaire de ce paquebot, avant-garde d'un autre à venir, NORMANDIE, le premier très apprécié des américains, le second, jalousé et peut-être même... bon, ne polémiquons pas !

Ce blog est édité sous l'égide et avec le parrainage de celui du Lydia-Moonta, et plutôt que de multiplier les "diffuseurs", c'est sur sa page facebook , dans la rubrique Lydia-Moonta-magazine, que je communiquerai.  

Prêts à appareiller ? Alors, en avant-toute !

Bonne lecture.




Xavier Cuvelier-Roy

vendredi 9 septembre 2016

VIDÉOTHÈQUE



Peu de vidéos disponibles  mais la chasse reste ouverte, merci d'y participer !


https://www.youtube.com/watch?v=5yLMYlXcj1k


à 2 minutes 07




Défectueuse :

https://www.ushmm.org/online/film/display/detail.php?file_num=4916

1935 : à l'arrivée de Normandie au Havre, on voit brièvement la poupe de Champlain à quai (à 3 minutes 25 de la vidéo) : ICI

vendredi 2 septembre 2016

Historique abrégé du Champlain.

Nos amis du blog Lydia Moonta ont fait paraître un article sur le Champlain qui nous présente un historique abrégé du paquebot, à partir d'une archéologie de la conception des navires du premier quart du 20° siècle, dont le Moonta et le Normandie.

Avec leur aimable autorisation, nous le reproduisons in-extenso ci-après :



Le SS.CHAMPLAIN, contemporain du  LYDIA !


Tous les deux sont construits en 1931, mais par retard du versement des crédits-alloués par le gouvernement français, le CHAMPLAIN n'est achevé qu'en 1932. Le MOONTA (futur LYDIA) lui, a déjà franchi le canal de Suez pour rallier Port Adelaïde !




source et crédit-photo :© French lines


Mais... que de différences !

source et crédit-photo :non identifié, droits réservés

Le MOONTA, esthétiquement classique, est une évolution des navires de la Grande-guerre, mais sa motorisation diesel le fait présenter - à juste titre - comme un modèle d'innovation. Le chantier-naval Burmeister & Wain, de Copenghague (Danemark) avait déjà innové dès 1911 en lançant le SELANDIA. 

- 1 :  Caractéristiques du MOONTA :

Longueur : 91 m
Maître-bau : 13,40 m
Tonnage : 2693 tonnes
Passagers : 140  puis 280
vitesse : 13 nœuds


- 2 :  Caractéristiques du CHAMPLAIN :


Longueur : 195,38 m
Maître-bau : 24,99  m
Tonnage : 28124 tonnes
Passagers : 1050
Équipage : 559
vitesse : 19/20 nœuds


Type de moteur : 2 groupes de turbines-vapeur Parsons à engrenages simple réduction, alimentées par 6 chaudières Penhoët à tubes d'eau, timbrées à 28 kg.
Puissance du moteur (en chevaux) : 25000

A l'opposé, le CHAMPLAIN, lui, préfigure les lignes ultra-modernes de NORMANDIE, qui d'ailleurs, reprendra quelques innovations comme par exemple l'encorbellement de la poupe, le pont-promenade-couvert, le mât avant au dessus de la timonerie pour ne pas avoir d'angle mort à la vue, etc :


















source et crédit-photo :© French lines

source et crédit-photo :© French lines

et même aujourd'hui encore, sur QUEEN MARY 2, y compris les pares-vents latéraux !

source et crédit-photo : Niavlys


Symbiose :


Normandie vu du Champlain :



source et crédit-photo :© French lines


source et crédit-photo :© French lines


et Champlain vu du Normandie :









source et crédit-photo :© French lines












Un intérieur dernier-cri,  art-déco avant que ne sonne l'heure de gloire en la matière, avec NORMANDIE : 











Source, crédits-photos : MVD Editions



Source, crédits-photos © French lines
Station radio la plus moderne de son époque :

source et crédit-photo : F. Delboca

Standard téléphonique :



Source, crédits-photos : MVD Editions



Sondeur électrique (indique la profondeur toutes les 3 minutes :

Source, crédits-photos : MVD Editions

Tableau de manœuvre des machines :













Source, crédits-photos : MVD Editions


Sa carrière civile : 

Affecté à la prestigieuse ligne transatlantique-nord, Le Havre/New-York/Le Havre, le CHAMPLAIN est de la série des "cruisers-liners", ou encore "cabins-ships" (DE  GRASSE, LAFAYETTE), des paquebots conçus pour faire face à la crise économique : de taille moyenne (200 m. tout-de-même), embarque 1053 passagers répartis en 2 classes (la touriste - ex 1° et 2° -  et la maintenue avec un confort assez spartiate)  485 membres d'équipage. Vitesse (relativement) modérée par souci d'économie, 19 à 20 nœuds. Néanmoins, en 1932, il fera la traversée New York-Europe en 6j 16h et 20', record pour l'époque, dans la série des "cabins-ships" .



Carrière dramatiquement courte, 8 ans, un peu plus que NORMANDIE...


source et crédit-photo :© French lines


22 Juillet 1933 : C'est le CHAMPLAIN qui inaugure la toute nouvelle et révolutionnaire gare maritime du
Verdon en avant-port de Bordeaux à plus de 100 kms. de l'embouchure de la Garonne. Une halte de quelques heures en provenance des Etats-Unis, achevée par une mini-croisière pour rejoindre le Havre. Ce chef-d'ouvre, appelé à un brillant avenir, sera détruit par l'armée allemande en retraite.


Le navire est régulièrement affrété pour les croisières proposées par la "Transat", à destination des Caraïbes.



Seconde guerre mondiale : 

 Dès le début des hostilités, en 1939, le CHAMPLAIN est réquisitionné avec 7 autres grands paquebots pour transporter 30.000 recrues en Afrique du Nord. Il reçoit donc, avec le QUEEN MARY, la traditionnelle livrée grise. L'émouvante photo ci-dessous le montre avant son ultime départ de New-York, en compagnie (de l'autre coté du pier de la French-Line) de... NORMANDIE qui lui, y restera jusqu'à son tragique incendie :

source et crédit-photo : Великие Океанские Лайнеры/The Great Ocean Liners

Triste privilège : le CHAMPLAIN est le premier paquebot français coulé au début de la seconde guerre mondiale : 

Le 12 juin 1940, il arrive à Saint-Nazaire, en provenance de New-York avec dans ses cales, 3000 tonnes de lingots de cuivre, des machines-outils et pièces détachées pour 30 avions de chasse Curtiss. Il est bombardé (sans dommages) par la Luftwaffe. Par crainte qu'il n'obstrue l'écluse, il quitte Saint-Nazaire le 17 juin 1940 et appareille pour se réfugier à La Pallice, mais il heurte une mine larguée dans la nuit par l'aviation allemande dans le Pertuis d'Antioche. Il coule en 7 minutes et s'échoue sur un haut-fond (12 morts, 270 survivants) avec 50° de gite. Quelques jours plus tard, l'U Boot-65 l’achève sans gloire en le torpillant.


source et crédit-photo : F. Delboca


source et crédit-photo : F. Delboca

Hier...


 aujourd'hui





Avant que le pont de l'ile de Ré ne soit construit, les passagers du bac pouvaient le voir jusqu'en 1964, année où il fut ferraillé :





https://www.youtube.com/watch?v=5yLMYlXcj1k


Xavier Cuvelier-Roy