samedi 13 mai 2017

Le Champlain inaugure le môle du Verdon



Le Port-Autonome-de-Bordeaux soucieux de valoriser sa façade atlantique, a entrepris des travaux gigantesques pour l'époque au Verdon, situé à l'embouchure de la Gironde, le plus grand estuaire d'Europe. Édifié en 4 ans par 1000 ouvriers, dans le style art-déco tardif, disposant d'une double plateforme, autos à l'étage, chemin de fer à la base, (la première ligne électrifiée de la toute nouvelle SNCF !), doté d'amortisseurs hydrauliques d'accostage, relié à la côte par un viaduc de 370 m. Les usagers gagnaient un temps considérable, Bordeaux étant située à plus de 100 kms. 




Il fallait une star pour l'inauguration et ce fut le Champlain de la Compagnie Générale Transatlantique qui fut invité. Le 22 juillet 1933, arrivant directement de New-York, il y débarqua environ 700 pèlerins pour Lourdes. Après une visite au pas de charge par les autorités, il reprit la mer pour sa destination finale, Le Havre, offrant en souscription une mini-croisière de deux-jours/une nuit à 150 personnes. 

Le mythe : les meilleures prises de vue du paquebot, en tous cas les plus connues, ayant été prises au Verdon pour cette occasion, d'aucuns conclurent un peu hâtivement à l'existence d'une ligne transatlantique Bordeaux-New-York ! Il n'en a rien été, le Champlain n'ayant fait halte au môle du Verdon qu'une matinée et... n'y revint jamais !






source et crédit-photo : en attente localisation, droits-réservés





source et crédit-photo : © French lines


source, crédit-photo : Éditions Tito


source et crédit-photo : port-autonome de Bordeaux


source et crédit-photo : Éditions Delboy



Avant-gardiste pour les uns, décrié par d'autres, le môle accueillit environ une centaine de rotations de paquebots avant d'être anéanti par les troupes allemandes de la poche de Royan.


source et crédit-photo : Éditions Gilbert


source et crédit-photo : en attente localisation, droits-réservés






source et crédit-photo : IGN/Geoportail

Ironie de l'histoire :


Le Champlain fut donc le premier paquebot à accoster le môle. Il fut, hélas aussi le premier a être détruit au début de la seconde guerre mondiale, alors qu'il avait été désigné pour emmener les parlementaires français en Afrique.

Le Massilia devait le remplacer pour cette mission et... ce fut le dernier paquebot à quitter le môle !!!

mardi 14 mars 2017

Naissance du Champlain, 2° partie : Équipements techniques et aménagements intérieurs.





 Équipements techniques

- Rappel pour mémoire : L'appareil moteur est constitué par 2 groupes de turbines actionnant chacun une hélice donnant 24 000 cv de puissance totale. La vapeur est fournie par six chaudières chauffant au mazout. 


Source, crédits-photos : MVD Editions

- l'éclairage "naturel" a été privilégié, de même que la ventilation "naturelle". Des innovations qui seront retenues sur Normandie. 

- La sécurité a fait l'objet de mesures très poussées, 26  embarcations de sauvetage, dont deux à moteur munies de télégraphie sans fil et destinées à remorquer les autres, permettraient aux passagers et à l'équipage de quitter le bord. 

Source, crédits-photos : en cours d'identification

- La flottabilité a été renforcée par l'adoption d'un double-fond cellulaire sur toute sa longueur  et divisée en  compartiments par des cloisons étanches transversales. Des pompes électriques à très haut débit, ainsi que des dispositions de lutte contre l’incendie  viennent couronner cet ensemble.

- Le Champlain est en outre équipé d'un compas
gyroscopique à 6 répétiteurs, d'un gyropilote pour le pilotage automatique, d'un radiogoniomètre permettant de prendre des relèvements  sur une distance de 360 kilomètres.


Source, crédits-photos : Delbocca

- Appareillage dernier cri pour la signalisation du paquebot muni d'appareils à ondes amorties et à ondes entretenues d'une portée pouvant dépasser 1800 à 2700 kilomètres de jour et 3600 à 5400 kilomètres de nuit.

Radiocommunication : cinq postes auxiliaires dont l'un spécialement affecté à la réception des nouvelles de presse.




- Sondeur électrique (indique la profondeur toutes les 3 minutes) :


Source, crédits-photos : MVD Editions


Aménagements de confort passagers :

Le Champlain rompt résolument avec les canons de son époque. Au classicisme versaillais, il oppose l'art-déco dans un version sobre, épurée. 

 Dépassé le temps de la clientèle riche en 1° classe et des émigrés quasiment à fond de cales. Ce sont les anglais qui les premiers imaginent (encore eux) la contraction des 3 classes traditionnelles en 2 classes, la "touriste"  (ex 1° et 2°), la 3°, dénommée désormais "passagers",  est maintenue et légèrement améliorée

Mieux qu'une  description écrite (les mots ont une limite d'expression que ne connaissent pas les images), cette collection de cartes postales éditées à l'époque de sa mise en service (MVD Éditions) :


Cabines de classe "Passagers":







Cabine de classe "Touriste" :




Des espaces de vie privilégiant la lumière naturelle :

























La salle-à-manger classe "Touriste" :







Loisirs :








 Plein air :


Cet élément élégant est en fait une... seconde cheminée ! Elle gère tant le système de ventilation et filtration que d'extraction de l'air vicié.
 

source et crédit-photo : © French lines
 
Une seule cheminée, située en avant, permet de dégager un espace très vaste, dédié à la promenade, aux jeux, aux bains de soleil.

source et crédit-photo : © French lines
 







Ni radar, ni GPS/traceur de route sur mon SIRIUS !  Vous imaginez ? Aujourd'hui, n'importe quel type de petit bateau de plaisance en est équipé !

J'avais à ma disposition, un radiogoniomètre : De nuit comme de jour, brouillard ou pas, je pouvais connaître avec précision sa position et son cap en captant des balises fixes au sol dont la position est connue. 
 
je vais vous expliquer exactement son fonctionnement.
 
la radiogoniométrie d'un émetteur fixe et  précisément localisé (un radiophare ou une radiobalise) permet de déterminer un lieu de position pour le récepteur du navire et par conséquent une position en relevant au moins deux émetteurs (technique de la triangulation)

Le principe de fonctionnement des aides-radioélectriques à la navigation repose entièrement sur les propriétés de la propagation des ondes électromagnétiques.

 
Les ondes électromagnétiques ou hertziennes se propagent en ligne droite dans l'espace mais cela reste vrai en première approximation à la surface du globe. De ce fait, le corollaire apparaît immédiatement. En effet, si l'on est à même de repérer avec un récepteur la direction d'où provient une émission, l'on pourra alors déterminer l'azimut de l'émetteur par rapport au récepteur.


De plus, connaissant la vitesse de propagation des ondes et mesurant le temps de parcours d'une impulsion électromagnétique, on pourra connaître la distance qui sépare un récepteur d'un émetteur.
 
Pour les bachi-bouzoucs et marins d'eau douce, ai-je-été clair, ou vous faut-il un dessin ?





Évidemment, il faut une antenne... Celle du Sirius était placée à l'avant du roof de la passerelle :







Voilà, maintenant,  si vous préférez, il y a la méthode du professeur Tournesol, mais je vous préviens, vous n'êtes pas à l'abri des surprises ! Préférable tout-de-même que de faire confiance aux Dupont/Dupond !



Pour mémoire : 1° partie, Construction et lancement, c'est : ICI 
À suivre : 3° et dernière partie, Mise en service. 

mercredi 8 février 2017

Naissance du Champlain : 1° partie, construction et lancement.



Genèse :

Déjà handicapée au sortir de la première guerre mondiale, la crise économique de 1929 impose une nouvelle politique de développement aux armateurs. Il faut réduire les consommations sans trop désavantager les services, la vitesse de traversée en priorité (le trophée du Ruban-bleu n'étant pas l'objectif recherché) mais d'abord et surtout, réviser complétement la philosophie de l'offre face à la demande. Dépassé le temps de la clientèle riche en 1° classe et des émigrés quasiment à fond de cales. Ce sont les anglais qui les premiers imaginent (encore eux) la contraction des 3 classes traditionnelles en 2 classes, la "touriste"  (ex 1° et 2°), la 3°, dénommée désormais "passagers",  est maintenue et légèrement améliorée, spartiate tout-de-même. Ils lancent donc une série de "cunarders", CARENTHIA, FRANCONIA, LACONIA, SAMARIA et SCYTHIA. Tous font  environ 20.000 tonnes en moyenne, traversent l'Atlantique en 7 jours (au départ de Liverpool). Les français suivent, la Compagnie-Générale-Transatlantique elle, met en œuvre ses "cabin-ships" (sans pour autant renoncer à un minimum de luxe et un maximum de confort) : c'est l'heure du DE GRASSE, du LAFAYETTE, du COLOMBIE et du... CHAMPLAIN ! De tous, anglais et français, ce dernier sera le plus rapide et le plus luxueux. Il établira, dans sa catégorie un record jamais égalé par ses concurrents: traversée de l'Atlantique en 6 jours, 16 heures et 20 minutes.


C'est aux Chantiers de Penhoët (futurs Chantiers de l'Atlantique) qu'est posée et rivetée la première tôle, en 1931, mais par retard du versement des crédits-alloués par le gouvernement français, le CHAMPLAIN n'est achevé qu'en 1932. 




Caractéristiques techniques : 

Longueur : 195,38 m
Maître-bau : 24,99  m
Tonnage : 28.627 tonnes
Jauge brute : 28.094 tonnes 
Port en lourd : 10.670 tonnes
vitesse : 20,90 nœuds
Puissance du moteur (en chevaux) : 25.525
Passagers : 1050
Équipage : 559


Construction de la coque (rivetée) :

 
Source-crédit photo : Anonyme

La propulsion est assurée par un procédé ultra moderne : 2 groupes de turbines-vapeur Parsons à engrenages simple réduction, alimentées par 6 chaudières Penhoët à tubes d'eau, timbrées à 28 kg. Combustible : mazout. 
Puissance accrue, consommation réduite !

Construction des chaudières :

Source : French lines, crédit : inconnu


Pose de l'arbre de couche de l'hélice bâbord :

Source : French lines, crédit : inconnu


Construction d'une des 2 hélices :

  Source : French lines, crédit : inconnu


Mise en place des  hélices :

Source-crédit photo : Anonyme



Construction de la passerelle de commandement :

  Source : Site Marine Marchande, crédit-photo : inconnu


Dernière petite toilette avant le lancement :

Source, crédit-photo : F. Kollar



15 juin 1931 : Lancement !

Source : Site Marine Marchande, crédit-photo : inconnu


Source : Site Marine Marchande, crédit-photo : inconnu


Source et crédit-photo : inconnus (carte postale ?)







A suivre, 2° partie : caractéristiques et aménagements intérieurs. Mise en service.